
Vendredi 12 avril a eu lieu la manifestation de clôture d’innovations democraTIC l’occasion de revenir sur le programme avec les projets phares, les expérimentations et les premiers retours d’expérience, les étapes clés…
Nathalie, agent de collectivité territoriale, doit traduire une commande politique en actions opérationnelles à destination des jeunes. Elle déploie le projet "le conseil général hacke les jeunes" afin de les contacter directement en utilisant leurs outils numériques. L’objectif est de mobiliser plus largement et au delà des instances citoyennes connues. Ce processus repose sur sa transparence et le suivi continu des actions rendu possible par le numérique.
La diversité de nos partenaires a été l’occasion de travailler sur de l’usage du numérique dans les instances de démocratie locale et également au sein des collectivités territoriales à partir des méthodologies du design de services. Cette nouvelle discipline a été le point central de notre programme. Nous avons été entourés de deux designers de services, Armel Le Coz et Christophe Tallec renforcés par un designer Thomas Thibault.
Nous avons ainsi placé l’utilisateur qui était, tour à tour, citoyen, agent des collectivités territoriales et élus au centre de nouveaux modes de participation numérique.
C’est ainsi que nous avons validé l’idée de la street democracy, à partir d’ateliers créatifs. Il est apparu essentiel que les élus et agents des collectivités devaient aller au plus près des citoyens et sortir des lieux institutionnels. Les ateliers ont proposé des modalités d’action à partir de projets numériques existants comme
Au cours de ce programme nous avons expérimenté différents modes de participation citoyenne facilités par le numérique avec le cyber débat avec la Mairie de Paris, découverte de nouveaux projets avec le Conseil général du Val de Marne, l’appropriation des outils numériques par une instance de jeunes, le forum des jeunes du conseil général de la Seine-Saint-Denis et le questionnement de nouveaux modes de gouvernance avec le conseil général de l’Essonne.
Découvrez les projets de nos partenaires :
Laurence Monnoyer Smith, Romain Badouard et Clément Mabi ont mis en perspective les actions menées lors de ces trois années sous l’angle recherche et participation citoyenne.
Ecouter leur intervention
Laurence, Romain et Clément ont mis en lumière trois nouvelles thématiques émergentes dans le champ de la participation citoyenne :
UNE DEMOCRATIE RETROUVEE, AUGMENTEE, ETENDUE
"Pour les citoyens, l’Internet représente un moyen unique d’information et d’éducation et peut par là-même contribuer utilement à la promotion de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme." G8, Deauville, 2011
"En s’appuyant sur les nouveaux outils d’information et de communication, (...) cette ‘citoyenneté active’ transforme en profondeur le rôle des élus, devenus des médiateurs entre les citoyens au lieu de confisquer le pouvoir de représentation, ainsi que celui de l’administration, qui redécouvre la vraie dimension publique.” Michel Hervé, De la pyramide aux réseaux, 2007
"Révolution numérique, mais appareils politiques restés à quai. Nouveaux usages, mais contrôles d’un autre âge. Cultures libres, mais marchands aux aguets. Les nouvelles technologies changent le monde, et elles le font maintenant. Une possibilité s’offre désormais
à nous tous : reprendre le contrôle de notre
vie publique, ou laisser le Vieux Monde diriger toujours et contrôler encore. Moussaillons
ou vieux loups de mer, déçus de la politique
ou utopistes, montez à bord." David Dufresne et Pierre Mounier, Parti Pirate, 2012
A l'heure du bilan
Internet et démocratie : un bilan mitigé
Le numérique a souvent servi l’idéal démocratique
de la liberté d’expression; tout en servant ceux qui veulent la censurer. Il a contribué à faire progresser la transparence ; mais il n’a pas vraiment fait bouger les rapports de pouvoir. L’internet a permis aux gens de contribuer, élargi le cercle des contributeurs, amplifié les mobilisations, mis en réseau de nombreux acteurs. Mais il a aussi montré ses limites. Il n’a pas réinventé la façon de faire de la politique. Pire, il a souvent donné la parole à ceux qui l’avaient déjà, favorisant ceux qui s’expriment le mieux ou le plus, outillant la commu- nication plutôt que le débat. Les outils eux-mêmes sont bien souvent limités, facilitant l’agrégation et la simplification binaire plutôt que la délibération, la synthèse et la complexité.
Bref, l’internet a trop promis, la révolution démocratique et participative espérée par les pionniers n’a pas eu lieu. Les dispositifs participatifs (qu’ils soient numériques ou pas) sont restés isolés : les expérimentations réussies demeurent du domaine des bonnes pratiques locales, sans passer à l’échelle.
S’il n’y a pas eu de transformations radicales, les expériences démocratiques de ces dernières années nous ont appris des choses. Les initiatives participatives des institutions sont plutôt des échecs : le politique demeure mal armé pour prendre en compte les avis et propositions extérieures. Face à l’innovation et à l’imprévu, le politique est souvent déstabilisé : l’internet lui sert plus sûrement à communiquer qu’à écouter. À contrario, la démocratie ascendante, auto-organisée, même imparfaite, est souvent stimulante. Le divorce annoncé entre les échanges en ligne et les formes présentielles n’a pas lieu : l’heure est à la convergence et à l’hybridation. De même, les formes numériques ne favorisent pas la démocratie instantanée, presse- bouton : les débats collectifs peuvent être de formi- dables moments de vie démocratique, d’intelligence, de richesse contributive.
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Ce qui n'a pas marché... |
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Ce qui nous a surpris... |
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Ce que nous avons appris... |
Aujourd’hui, il ne s’agit plus de proposer une nouvelle promesse, mais de trouver les moyens de réaliser cette pro- messe demain mieux qu’hier et à plus grande échelle.
L’heure est au “gouvernement ouvert”, tant mieux. Cette ouverture sera-t-elle seulement une affaire de transpa- rence, de communication, ou distribuera-t-elle de la parole, des capacités ? Sera-t-il possible de réinventer le service public, de participer aux orientations politiques locales, nationales, européennes ?
Le numérique se généralise et semble se banaliser. Mais les hommes et les femmes oseront-ils s’en emparer pour s’exprimer, exercer la contre-démocratie, participer ? Auront-ils la culture numérique leur permettant de le faire
Réaliser la promesse quelques pistes…
Vers une participation légitimée?
Investir et innover
Cette promesse a été produite dans le cadre du processus de Questions Numériques. C'est un travail collectif mené sur une année et qui donne lieu à une production annuelle.
En savoir plus sur les promesses du numérique, et découvrir notre troisième cahier d'enjeux.
Le projet de rédaction de l'étude « Ouverture des données publiques et participation : quels enjeux démocratiques? a été mené par Décider ensemble de mars à novembre 2012.
Cette étude a été supervisée par un comité de pilotage pluraliste regroupant, a l'image de Décider ensemble, des représentants d'institutions publiques nationales, de collectivités territoriales, d'entreprises et d'associations. Ce comité de pilotage était présidé par Laurence Monnoyer-Smith, professeure en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Technologie de Compiègne (UTC).
Les équipes d'Open-Data et d'Innovations democraTIC, ont participé à sa rédaction avec plus particulièrement l'organisation d'un atelier prospectif sur l'utilisation de l'open data dans les concertations publiques. Nous avons déjà publié les scénarios, les trois pistes de travail étaient :
Nous vous proposons de découvrir cette étude qui dresse un état des lieux de l'ouverture des données publiques et en présente les enjeux en matière de participation des citoyens et des parties prenantes.

Le samedi 10 novembre 2012, nous avons eu l'occasion d'animer un world café dans le cadre de Paris Citoyen. Les participants représentaient des membres d'associations, des conseillers de quartier et des citoyens. Ce mode d'animation constitue un temps de rencontre pour les participants et le partage d'expériences et de pratiques.
Les deux questions sur lesquelles les groupes ont travaillé mettaient en avant la pratique du numérique au sein des associations et des instances de démocratie locale:
- 1ère question: Comment le numérique influe sur nos modes d'engagement?
- 2ème question: Quels outils pour quels besoins?
Ce temps était précieux pour avoir un retour sur la manière dont les collectifs composés de citoyens s'approprient le numérique, quelles sont leurs attentes, quels sont leurs usages?
Il s'avère que les participants ont une réelle aptitude à comprendre les enjeux de l'usage du numérique dans leurs associations, leurs conseils de quartier avec l'évocation rapide de l'éditorialisation, l'articulation des modes de communication entre le présenciel et le distanciel. Ce qui est plus surprenant est que nous aurions tendance à les « suréquiper » avec des applications web alors que leurs usages actuels et leurs problématiques se situent essentiellement sur la gestion de mailing list, l'animation et la création de site/blog voire même de CMS.
Question 1: Comment le numérique influe sur nos modes d'engagement?
Les pistes à retenir :
- le numérique permet le suivi des décisions des élus ;
- la capacitation avec le développement des compétences techniques de tous doit permettre un accès indépendant aux informations ;
- des lieux d'échanges et de ressources pour accompagner les collectifs et instances de citoyens pour permettre la coopération des acteurs avec le partage de bonnes pratiques ;
- l'interaction entre le distanciel et le présenciel.
Question 2: Quels outils, quels besoins?
Les pistes :
- l'outil numérique doit permettre l'engagement à distance avec de nouvelles formes de coopération
- accessibilité à des CMS simple, efficace et gratuit avec des formations pour permettre la prise en main de tous
- le numérique comme outil de communication avec une gestion optimisée des emailings et newsletter
La Fing co-organise avec Silicon Sentier un Mobile Monday le 10 décembre sur le thème de la participation dans l'espace public (villes, départements, régions) et dans les organisations (entreprises, réseaux, associations, ...).
Corollairement, si vous souhaitez questionner des spécialistes sur des projets d'applications pour mobiles ou autres solutions de mobilité, c'est l'endroit idéal.
Si vous développez un projet sur mobile proposant un nouvel usage qui peut intéresser la communauté de professionnels de la participation (services participation démocratique, RSE, DRH, direction Innovation, agences de communication publique, ...) et de la mobilité (éditeurs, développeurs, opérateurs, constructeurs, ...), venez le présenter devant 200 professionnels. Pour partager votre expérience et intervenir lors de ce Mobile Monday, déposez une présentation (3 slides maximum) de votre intervention avant le 28 novembre 18h sur le site du Mobile Monday Paris. Le Comité Editorial sélectionnera les candidats qui seront retenus pour intervenir le 10 décembre prochain.
Créé en Finlande en septembre 2000, l'objectif des Mobile Mondays est de favoriser la coopération et le développement de partenariats internationaux, au travers de rencontres physiques mais aussi virtuelles lors desquelles s'échangent idées, bonnes pratiques, connaissances et tendances liées à la mobilité et venues du monde entier. Plus de 140 villes accueillent des Mobile Mondays dans le monde.