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Phase 1. Idées et projets transformateurs

QN 2013
il y a 350 jours

 

Bonjour,

Nous souhaitons démarrer la session d’échanges de connaissances, d’idées, de questionnements en vous posant la question suivante :

Avez-vous connaissance d'une (ou 2,3) idée(s), d'un projet emblématique, qui pourrait changer la donne dans les années à venir ?

 

Afin de faciliter le suivi des discussions, des synthèses seront mises à votre disposition régulièrement.

 

P.S : Les règles générales :

1. Un mail égal au plus un écran (sauf pour les synthèses car les débat sont vraiment riches)

2. Être constructif et pas dogmatique (personne n'a toutes les solutions mais c'est par nos échanges que nous pourrons enrichir le débat)

3. Osez contribuer et accueillez les nouveaux contributeurs (il n'y a pas d'idées inutiles, c'est le croisement des idées qui fait avancer)

 

Merci d'avance,

La Fing

 

Philippe Parmantier
il y a 350 jours


Film photovoltaïque transparent. 

Développé par une startup provençale Wysips cette technologie offre un champs d'application considérable tout particulièrement dans les pays en développement 
Technologie résultant de l'assemblage sur un film plastique de cellules solaires miniaturisées et de procédés optiques (holographiques) permettant d'obtenir une transparence complète. 
Les premiers modèles disposaient d'une capacité de 10 Milliwatts par centimètre carré, correspondant à un quart d'heure de conversation téléphonique 
Pour en savoir plus sur la techno : http://www.wysips.com/en-savoir-plusgb.php
Permet de construire de grandes surfaces de production d'électricité dans l'environnement quotidien (mobilier urbain, toitures, surfaces vitrées)

Les premières pistes d'applications  
Smartphones tablettes numérique : couche partie intégrante de l'écran permet de recharger en quelques heures. Technologie permet le rechargement même sous lumière artificielle. Gain estimé environ 20% avec son système de recharge solaire. 
Stores et textiles : réalisation d'économies d'énergie 
Vêtements : uniforme des pompiers pour alimenter l'électronique embarquée 
Mobilier urbain et publicité : alimentation éclairage, écrans installés 
Transports : utilisation de la surface disponible sur les véhicules de transport collectif source supplémentaire d'énergie pour les moteurs hybrides
Transport maritime à moteur et à voile 
L'entreprise lance un appel à idées permanent sur le développement de nouvelles applications à partir de sa technologie

==> Technologie de rupture 
==> Qui peut être utilisée sur des surfaces fixes et mobiles 
==> Auto alimentation des smartphones et tablettes (partiellement) 
==> Secteur stratégique de l'énergie 
==> Pays émergents 
==> Coûts de production modérés
==> Construction de panneaux photovoltaïques en environnement urbain sans dénaturation
Etc.... 

Jean-Michel Cornu
il y a 349 jours

Bonjour,

 

J'ai découvert le Leap MOtion qui est une sorte de petite Kinect à seulement 70€ qui a pour ambitionde remplacer le clavier et la souris :

http://www.leapmotion.com/

Bientôt un mo,nde sans clavier comme on l'a connu avant les années 70 ?

(je ne pense pasq seulement aux claviers d'ordinateurs mais aussi à ceux des terminaux bancaires, et de plein d'autres choses ou on doit taper sur un truc...)

 

Amicalement

 

Jean-Michel Cornu

Jean-François LAPLUME
il y a 349 jours

Reconnaissance de signal musical : SIMBALS (http://www.incubateur-aquitaine.com/index.php?tg=articles&idx=articles&topics=72)

Magnifique projet, hébergé par l'Incubateur Régional Aquitaine et que nous (AEC) avons le bonheur d'accompagner, permettant de caractériser (selon différents critères) les composants spécifiques d'un morceau de musique (stockée dans une base de données) et de reconnaitre (très) rapidement toute interprétation, même approximative (live vs enregistré, amateur vs pro, fredonnée vs interpétée, avec bruits d'ambiance - comme dans une boite de nuit ou une voiture etc...).

Il se démarque donc très nettement des premières approches de type Shazam oi Midomi et ouvre des perspectives  étonnantes :

- retrouver un morceau rien qu'en le fredonnant (pour l'utilisateur lambda)

- identifier du plagiat (pour l'auteur)

- automatiser le tracage de toutes les diffusions publiques (pour les sociétés de droits d'auteurs)

- découvrir de nouveaux morceaux par la recommandation (j'aime ce morceau qui a telles caractéristiques, fais-moi découvrir d'autres morceaux similaires ou, au contraire, ayant telles autres caractéristiques)

- recommander des playlists (radios, DJ's,...) avec la possibilité d'indiquer des évolutions progressives de caractéristiques en fonction du moment de la journée/soirée

- écoute active / augmentée

- pratiques pédagogiques (individualisation d'un instrument, recherches d'accords,...)

Bref, de quoi révolutionner à la fois notre rapport aux gigantesques fonds musicaux qui se constituent ici et là mais aussi l'ensemble de l'économie de la création et de la diffusion musicale

Jean-François LAPLUME

Patrice REMEUR
il y a 349 jours

Pas mal de laboratoires travaillent également directement sur l'interface cerveau machine. C'est le champs électrique de notre cerveau qui permet de controler des objets.

Dans le domaine médical cela pourrait permettre à des personnes handicapées de retrouver de la mobilité, Dans le domaine militaire, c'est évidemment très stratégique, bref... il y a une multitude d'application possible pour le meilleur et pour le pire...

http://swissengineering-stz.ch/pdf/stz1220115036.pdf

http://theneuronetwork.com/group/braincomputerinterfaces 

chmillot
il y a 349 jours

mobile, crowdsourcé, ludique et non discrimant

A Londres, se déplacer ne consiste pas seulement à rejoindre à point B. Le projet Cromaroma http://www.chromaroma.com/ offre la posibilité à chaque voyageur équipé d'une carte Billetique de jouer à tracer son parcours, seul, en équipe, afin d'accumuler des points et de monter au classement des voyageurs les plus rapides, empruntant les trajets les plus "efficaces".
Non discrimant puisque basé sur l'utilisation de la Oyster card et non d'un smartphones et de data, le tracé du voyage se déclanche à la validation de la carte et est transcrit en temps réel sur une carto particulièrement réussie, mélant dataviz, courbes isochrones et autres effets graphiques, permettant au final de mesurer la densité des validations et donc potentiellement, l'encombrement du service de transport. Une vision très interessante de l'appropriation du territoire au travers d'un service incontournable, inscrit dans le quotidien des citoyens Londonien et créateur de liens.

Il est très aisé d'imaginer les mashups possibles avec un tel projet par l'injection de flux de données propices aux échanges et à la dynamique des territoires dit Opendata.

QN 2013
il y a 338 jours

Bonjour,

Les contributions qui ont été postées sont, pour la plupart, des projets emblématiques de transformations technologiques pouvant bouleverser l’organisation sociétale.

Tout d’abord, le développement du film photovoltaïque transparent est en effet un grand basculement dans le débat actuel sur l’énergie renouvelable versus la pollution visuelle. 

Ensuite l’exemple du « Leap Motion » est aussi représentatif de l’effondrement de la barrière qui se situe entre le physique et le virtuel. 

De son côté, la région Aquitaine travaille sur un projet de reconnaissance vocal hypersensible, pouvant identifier une chanson ou une musique même à travers un fredonnement approximatif brouillé par des bruits d’ambiance. 

Au delà du tactile, des scientifiques touchent du doigt l’interface cerveau/machine qui permettrait d’ores et déjà de contrôler des objets par la pensée.

A Londres, le projet Chromaroma s’engage sur la voie de l’open data et de l’appropriation du territoire par le crowdsourcing.

 

Pour conclure, les premières contributions concernent essentiellement le vaste et passionnant thème du transhumanisme et du franchissement de la frontière physique/virtuel.

 

Auriez vous d’autres idées, d’autres projets porteurs de transformations à venir ?

 

MERCI à tous les contributeurs !

 

La Fing

Patrice Lazareff
il y a 338 jours

Bonjour,

« Changer la donne » est extrêmement large et le temps qui passe en est sans doute le facteur principal :-)

Plus sérieusement, et dans la direction de la « pensée décentralisée » que semble induire la fréquentation du réseau internet, c'est à dire la mise en place de moyens de communication et de partage autonomes vis à vis des opérateurs centraux auxquels le XXème siècle nous a habitué, je trouve que la monnaie numérique de type Bitcoin est l'un des outils numériques potentiellement bouleversant au sens propre du terme.

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit (en très résumé) d'un mécanisme de création monétaire fondé sur la cryptologie, indépendant de toute banque centrale et dont la répartition est aléatoire ce qui la fait échapper à toute politique monétaire. En outre, cette monnaie permet de transférer des sommes par internet sans passer par un organisme bancaire, comme s'il s'agissait d'argent liquide. Les échanges se font via un réseaux type Peer To Peer (P2P).

Le volume d'échanges quotidien est de l'ordre de quelques dizaines de millions de dollars et le taux de change avec les principales monnaies "réelles" semble se stabiliser depuis quelques mois après unepériode de variations chaotiques.

Pour conclure en termes de changement de donne, je crois que l'influence de cet usage des réseaux P2P sur le système monétaire pourrait être comparée avec celle qu'elle a eue sur l'industrie de la musique, point que j'ai développé sur mon blog il y a quelques mois.

Cordialement,
p @ T

Jenny Bihouise
il y a 338 jours

Aaah comique ! cela me remet en mémoire un rêve fait aux lendemains de mon inscription dans ce groupe (eh oui je suis très impressionnable ..^^) ou plutôt suite à la (ma?) question : qu'est-ce qu'un groupe comme celui-ci va donc bien pouvoir produire de concret...

Dans mon rêve, nous profitions tous de l'existence de ce groupe pour tester grandeur nature et entre nous le Bitcoin! Tout y était parfaitement huilé quant à la faisabiité (évidemment) mais au réveil, je n'ai pas retrouvé comment (évidemment) ..Alors c'est passé dans la poubelle de mon DD mais..héhé j'avais pas encore effacé l'historique. Et puisque cela me revient grâce au post de Patrice, finalement, est-ce si farfelu? L'idée n'étant pas que l'expérience vienne se substituer au projet du groupe, mais au contraire le souligner, d'une façon ou d'une autre? un peu comme des j'aime= 0,00000000.....1 Bitcoin aux propositions par ex? Je laisse aux connaisseurs du système le soin de répondre ou rétablir  un principe de réalité par rapport à ce qui fut, je le rappelle, une simple intuition onirique... Mais bon, après tout, d'autres auraient eu tord de ne pas mentionner leurs beaux rêves n'est-ce pas?

Karine TURCIN
il y a 336 jours

Bonjour,

J'ai adoré la conférence TEDX de MARCO TEMPEST sur la réalité augmentée (http://www.ted.com/talks/marco_tempest_a_magical_tale_with_augmented_reality.html), démonstration brillante et magique des incroyables potentialités du numérique en la matière. Une autre conférence de Shilo Shiv Suleiman montre comment insuffler de la magie dans un livre numérique pour enfants, en faisant de l'écran un support lumineux d'éducation et de curiosité (http://www.ted.com/talks/shilo_shiv_suleman_using_tech_to_enable_dreaming.html).

Et puis en pensant à la question posée par la FING j'ai trouvé ce matin l'article paru sur LUDOVIA à propos de l'utilisation de la réalité augmentée dans un cadre pédagogique, dans une classe de CM1 (http://www.ludovia.com/technologies_educatives/2012/1541/utilisation-de-la-realite-augmentee-en-cm1.html).  Nous sommes toujours sur la question de l'intersection de ce que l'on appelle "virtuel" et "réel", mais c'est plus vers la question de l'appropriation des outils numériques pour l'enseignement sur laquelle je voulais intervenir dans ce commentaire.

Ces outils (réalité augmentée, interactivité, design de l'information et tant d'autres) offrent ENFIN un réel souffle de créativité à l'enseignement qui pourrait révolutionner les journées d'école des générations à venir. Faire de l'apprentissage par projet, par création, par contact, par perception multi-sensorielle via les TIC est une priorité, et est, à mes yeux, un véritable élément de révolution pour notre société! Vive le mammouth numérique ?

Julien Provost
il y a 335 jours

Bonjour,

Me concernant je pense que tous ce qui est plateforme numérique permettant la collaboration et l'échange entre les individus fait très probablement partie de ces dynamiques qui peuvent bouleverser nos façons de travailler et d'échanger ensemble.

J'ai travaillé durant l'ensemble de l'année sur un projet de création de plateforme numérique collaborative dont l'objectif était de sensibiliser des étudiants à l'entrepreneuriat. Durant ce projet je me suis aperçu que les plateformes collaboratives (exactement comme le réseau social de la FING), permettent de travailler dans des temporalités asynchrones et dans des espaces différents.

Désormais pour travailler ensemble, pour échanger ensemble, la question de l'espace n'est plus important. On a plus forcément besoin de se rencontrer physiquement pour produire quelque chose ensemble et cela me parait être un bouleversement considérable de notre façon d'envisager le travail et la collaboration dans les années à venir. 

Peut-être suis-je un peu trop général mais en tout les cas, je pense vraiment que les plateformes collaboratives numériques quelque soient leur but (la sensibilisation à l'entrepreneuriat pour mon cas, le réseau social de la FING...) peuvent engendrer des bouleversements sociaux importants parce qu'elles remettent en cause notre définition du travail, de l'espace, du temps, de la collaboration...

Je ne sais pas ce que vous en pensez ?

Julien

Margaux Pasquet
il y a 330 jours

Bonjour à tous,

 

il me semble pour ma part que l’on assiste depuis quelques temps à un véritable éclatement de nos espaces traditionnels.

Prenons cette photo ci-contre. Il s’agit d’une photo de l’entrée dans un wagon de métro au Japon. L’individu au premier plan est en train de faire ses courses en flashant des QR codes imprimés à côté des produits affichés en photo sur un mur du métro. Il est alors possible de faire ses courses dans n’importe quel endroit public.


Autre exemple, celui du 6th sense qui permet d’interagir avec des interfaces portatives que l’on peut projeter sur n’importe quelle surface (mur, main, corps, …). Grâce à un système associant caméra et projeteur avec mémoire intégrée, le tout portés en collier, l’interface n’est plus rigide et fixe. Elle peut se recréer partout. On peut ainsi imaginer que dans le futur, une personne pourrait se faire sa séance de cinéma en projetant un film dans les toilettes de son bureau.

http://www.ted.com/talks/pattie_maes_demos_the_sixth_sense.html

Autre chamboulement des délimitations traditionnelles entre les espaces est, selon moi, la frontière de plus en plus poreuse et fragile entre nos espaces privés et publics. De nouvelles technologies de pointe sont en train d’être mises au point permettant un isolement parfait du son grâce à un système de contre-bruits. Il serait alors possible de se construire sa bulle de retour sur soi, son espace privé, dans n’importe quel endroit public. Cela associé à des innovations d’ « invisibilité » comme c’est déjà le cas, dans la mode par exemple avec un système d’écrans textiles permettant d’afficher ce qu’il y a derrière la personne, et chacun de nous pourrait disparaître totalement. Dans son bureau, un individu pourrait ainsi oublier pour un moment les règles sociales de bonne conduite en société en s’isolant dans son monde privé.

 

Je ne sais que penser de cet éclatement de nos espaces. Je me pose des questions sans y trouver de réponses. Les hommes ont-ils besoin de poser des limites sociales et physiques claires et bien établies pour pouvoir mieux vivre avec eux-mêmes et en société ? L’homme de demain sera-t-il se recréer sa bulle à lui dans n’importe quel endroit ? Et cet enchevêtrement des espaces traditionnels ne va-t-il pas à l’avenir renforcer un certain individualisme ?

Qu'en pensez-vous ?

Margaux

 

Amadou Lo
il y a 330 jours

Synthèse du 27/06 (contributions du groupe + contributions AG)

 

Il s’agit d’une ébauche de synthèse mêlant les réflexions qui ont émergées lors du workshop de l’AG et de vos interventions. 

 

1. Apprendre à gérer l’abondance (Philippe Parmentier)

Abondance d’énergies locales

Besoin de se défaire de l’illusion de rareté (Chritian Jacomino)

 

2. Vers toujours plus de progrès ?

Frontière du réel : Virtuel/ Physique 

Frontière entre le physique et le virtuel est floue et poreuse

Eclatement des espaces traditionnels (Margaux Pasquet)

démocratisation de la détection de mouvements de type Kinect avec le Leap Motion à 70 € (Jean-Michel Cornu) 

Réalité augmentée, nouvelles formes d’apprentissage, nouveaux usages ludiques (Karine Turcin)

Nouvelles interfaces 

      • reconnaissance de toute interprétation d'un morceau de musique avec Simbals (Jean-François Laplume)
      • « 6th sense » = caméra portative projetant des images interactives (Margaux Pasquet)

 

La tendance transhumaniste

Progressions technologiques 

« homme augmenté » 

Perfectionnement, maîtrise de la nature

interfaces cerveau-machine (Patrice Remeur) 

Technophobie

Tensions dépossession du lien social vs émancipation par la technologie

Marchandisation du lien social

 

 

3. Défis des innovations vertes 

Film photovoltaïque transparent à coût modéré de Wysips (Philippe Parmentier)

 

 

4. Gouvernance : Chambardement malgré eux

Un réel changement de l’organisation politique en cours 

Groupements privés et de collectifs indépendants 

De nouveaux acteurs pour un pouvoir davantage distribué 

Communautés d’intérêt, des partis pirates, Anonymous, etc.

 

5. Vivre ensemble alternatif

Transformations organisationnelles et sociétales 

L’empowerment collectif de la production

Le rôle des nouvelles pratiques Fab labs et le DIY (Do It Yourself) 

Les logiques rationnelles systématiques remisent en cause 

Grande diversité d’organisation de production

Emergence de plateformes collectives (Julien Provost)

Les pratiques monétaires dans le numérique

Une monnaie décentralisée en pair à pair bitcoin (Patrice Lazareff & Jenny Bihouise)

Cartographie du trafic par la carte billettique Oyster et classement des voyageurs les plus rapides avec Chromaroma (ChMillot)

 

6. Gestion des données personnelles

L’appropriation et le contrôle des données personnelles 

Défi de l’empowerment 

Les limites de la libération des données

 

QN 2013
il y a 330 jours

Il nous reste quelques temps avant d'être atteints par les torpeurs de l'été. C'est le moment ou jamais de contribuer en proposant des idées, des projets emblématiques, des faits, aussi bien technologiques que sociétaux ou économiques, qui vous semblent porteurs de transformations à venir... 

 

N'hésitez pas à réagir aux contributions des autres membres du groupes.

Merci à tous pour vos apports qui font avancer le processus Questions Numériques.

Christian Jacomino
il y a 330 jours

Les Ressources Educatives Libres sont préconisées par l'Unesco depuis 10 ans. La semaine dernière un congrès mondial s'est tenu à Paris sur ce thème où, sauf erreur de ma part, il n'y avait aucun représentant français ni de la francphonie.

L'enjeu est considérable, car il s'agit de montrer que dans le monde d'aujourd'hui

  • les ressources pédagpgiques fabriquées dans les pays dits (encore) "riches" doivent pouvoir servir aux plus pauvres,
  • même des non-professionnels peuvent contribuer aux tâches d'enseignement pour les savoirs fondamentaux, ce qui signifie qu'un système d'enseignement en réseau, où les compétences seront distribuées, doit pouvoir prendre le relais du système centralisé (étatique) qui s'essouffle,
  • qu'une éducation ouverte (basée sur l'utilisation des REL) peut permettre à beaucoup de personnes de se construire leur propre emploi (de guide et accompagnateur en apprentissage), en même temps qu'elle permettra de réaliser l'objectif (fixé par l'Unesco encore) de l'apprentissage tout au long de la vie.
Pour des raisons multiples, les enseignants n'arrivent pas à s'engager tous seuls dans cette voie--mais je suis certain que notre groupe pourrait les y aider beaucoup.
Il suffirait de constituer un réseau où les spécialistes de la culture numérique en réseau sollicitent les enseignants et se mettent à leur écoute, en se fixant comme objectif de répondre à l'injonction de l'Unesco dont il est temps de découvrir qu'elle n'est pas minoritaire du tout à l'échelle planétaire.

Jacques-Francois Marchandise
il y a 330 jours

Bonjour,

En écho à Margaux, une idée qui émerge depuis quelque temps dans des horizons assez divers : l'émergence de "lieux physiques numériques". Je ne veux pas seulement parler des tiers lieux, mais aussi du fait que nos lieux ordinaires permettront progressivement tous une diversité d'interactions numériques, des plus légères (QRcodes aux murs) aux plus impliquants (géolocalisation de la coprésence).
On peut prévoir de telles transformations pour nos lieux de travail, les salles de classe, les guichets des services publics, les librairies (si, si, il y en aura encore), sans parler des rues et des vitrines.
On range un peu facilement tout cela dans le fourre-tout de l'ubiquitaire ou de la réalité augmentée, notions qui ne parlent pas du tout aux gens qui prennent aujourd'hui des décisions d'ouverture de nouveaux lieux non-numériques.

Les questionnements de Margaux portent sur l'articulation entre l'individu (sa sphère personnelle, Dominique Boulier parlerait d'habitèle) et les espaces publics et sociaux. Les miens portent, de façon complémentaire, sur la conception de nos nouveaux lieux hybrides et les potentiels d'innovation et de transformation qu'il y a là. Je me demande s'il n'est pas temps de penser l'"aménagement numérique" à des échelles plus petites et plus proches (mais en réseaux).

Les deux approches se rejoignent, un lieu ne se lit pas seulement selon ses fonctionnalités, loin de là : c'est un cadre de confiance, un environnement cognitif, un espace de sociabilité, une présence symbolique; nos usages des lieux ne sont pas utilitaires. Notre expérience de lieux trop "numérisés", surchargés d'informations et de dispositifs techniques, n'est pas forcément fluide, on a pu entendre Yves-Armel Martin parler, pour les musées, de la nécessité de rendre le numérique plus discret.

Une difficulté intéressante est probablement d'arriver à imaginer du "mieux" et pas seulement du "plus", un monde bardé de nouveaux dispositifs : je ne suis pas certain que le futur soit futuriste, qu'en pensez-vous ?

Jenny Bihouise
il y a 330 jours

 

Je souscris également à la question telle que formulée par Jacques-François Marchandise s'agissant des lieux physiques numériques. Si j'en comprends bien le sens, j'y retrouve ce pour quoi je milite depuis quelques années maintenant : le développement de l'usage d'espaces en 3 dimensions et immersifs -au sens où sa propre présence et celle des autres y sont représentées. Ici il ne s'agit plus de l'usage de l'Internet pour l'accès à des données informationnelles,  mais bien du partage avant tout de repères géospataiux, de l'expression et de la perception des affects de chacun et qui conditionnent alors la réalité d'un partage des données informationnelles accessibles par le web2. En gros, c'est l'entrée ou l'idée ou le rêve d'un web 3D (le metavers) dans lequel on pourrait naviguer (comme on peut déjà le faire avec le logiciel Hypergrid) en interopérabilité avec les outils du web 2D. Dans ces espaces, fini l'infobésité, l'empilement ou l'ésotérisme des outils du web 2.D, les choses redeviennent naturelles : sorte de tout- en- un disponible en tant que de besoin (communication écrite ou orale, visionnage collectif de videos ou de slides, utilisation synchrone d'outils collaboratifs etc au service des besoins d'un groupe... la solitude devant l'écran de l'ordi n'est qu'un vieux souvenir, la co-production d'actions, la coopération dans les projets prennent leur véritable sens  lorsqu'on souhaite authentiquement les voir à l'oeuvre. Ici petit prezi maison pour illustrer : http://prezi.com/siz15px_lsco/ce-quapporte-le-web-3d/

Jean-Michel Cornu
il y a 329 jours

Merci Amadou pour cette synthèse très structurante.

La partie sur l'abondance d'énergie locale me fait penser à plusieurs recherches voire innovations
 - les cellules photovoltaïques de 3ème génération avec une efficacité énergétique de 40% (la moitié de la photosynthèse)

 - la décomposition des déchets par des microbes anaérobiques pour produire de l'énergie
 - l'utilisation des molécules ATP de matière biologique pour "nourrir" les robots (sucre, épinard ou même... mouches)

 - et peut être, tant il est difficile actuellement de savoir si c'est un fake ou une révolution, les réactions nucléaires à basse énergies (LENR) les travaux scientifiques les plus récents, à coté de l'agitation entre plusieurs sociétés qui annoncent déjà pour dans les prochains moi la commercialisations, s'orientent non pas vers le dépassement de la barrière coulombienne (ce qui demande bien plus d'énergie comme dans Iter) mais des conditions qui rendraient "lourd" l'électron d'un atome d'hydrogène qui peut alors réagir avec le proton pour former un neutron qui lui peut pénétrer plus facilement un noyau de Nickel pour le faire se décomposer ensuite en cuivre... (cette théorie dites de Widom Larsen est actuellement en cours de test)


il y a trente ans les grands ordinateurs qui tiennent dans une salle complète voyaient arriver les micro ordinateurs (un ordinateur sur chaque bureau était le slogan de Bill Gates). Il y a toujours des gros ordinateurs, mais la micro ionformatique puis la mise en réseau de ces micro ordinateurs a changé profondément le monde

Que se passerait-il si de la même manière les grosses centrales voyaient arriver des "micro-centrales" ?

Amicalement

Jean-Michel

Patrice Lazareff
il y a 328 jours

«Que se passerait-il si de la même manière les grosses centrales voyaient arriver des "micro-centrales" ?»

Dans les années 1980, les soviétiques avaient mis au point des centrales nucléaires "portatives" (par camion ou hélicoptère), destinées à alimenter des lanceurs de missiles qui pouvaient dès lors être installés à peu près n'importe où.

L'accident de Tchernobyl a mis un terme à ces expériences.


Renaud Francou
il y a 325 jours

Un des sujets candidats à "rupture", auquel nous nous intéressons à la Fing en ce moment est celui des "données personnelles partagées".

L'idée, somme toute assez simple, consiste à dire : fournissons aux individus les données personnelles qui les concernent (leur consommation téléphonique, énergétique, l'historique de leurs déplacements, de leurs courses, des livres empruntés à la bibliothèque, leurs données retraite, CAF, Secu, etc. la liste est juste gigantesque) et gageons que, services aidant, ils seront en mesure de mieux se connaître et formuler des projets plus en adéquation avec leurs aspirations. 

S'ouvrent alors des champs passionnants, aussi bien en termes technologiques que socio-économiques.

En termes de service, bien sûr : quels services et applications m'aideront à consommer plus vert ? Plus éthique ? Quel impact d'une nouvelle dépense sur mes budgets prévisionnels de ces 2 années à venir ? Ne me sera t-il pas plus facile de trouver un emploi en phase avec mes aspirations personnelles si j'ai une vue d'ensemble des choses qui comptent vraiment pour moi depuis ces 10 dernières années ?

En termes relationnels, le potentiel de changement est assez énorme : mieux armés, les individus se retrouvent potentiellement en meilleure position pour échanger plus efficacement avec les entreprises et administrations avec lesquelles elles échangent quasi-quotidiennement  : banques, opérateurs, transporteurs, services municipaux, …

Tout cela est déjà un peu documenté, par exemple ici sous forme de scénario, ou ici au fil de l'eau dans le cadre de projet MesInfos :).

Bien sûr, les contraintes (techniques, juridiques, mais aussi conceptuelles et culturelles) sont nombreuses, mais les perspectives ouvertes par le partage et la ré-utilisation des données personnelles sont aussi excitantes qu'incertaines.

Thierry Nabeth
il y a 325 jours

 

>> Un des sujets candidats à "rupture", auquel nous nous intéressons à la Fing en ce moment est celui des "données personnelles partagées".

Ne s'agit-il pas ici de la généralisation du concept du "quantified-self", en particulier au dela du domain de la santé, tel par exemple l'éducation?

Cela me rappel d'ailleurs pas mal aussi les concept autour de la gestion de l'attention (cf. Davenport à ce sujet ou ce que faisait AttentionTrust) qui étaient à la mode il y a quelques années.

Chantal Garnier
il y a 325 jours

Bonjour,

Pour info, demain mardi 3 Juillet, se tient un colloque prospectif et participatif en partenariat avec ESCP et Centrale Paris : "Basculer vers 2050 : le temps des ruptures heureuses". 

C.

Renaud Francou
il y a 325 jours

@Thierry : en effet, le Quantified Self est à la fois un symbole et un ingrédient de ce qui se passe autour de ce sujet - mais ce n'est qu'une des facettes.

L'aspect le plus "dur" du sujet concerne les données que les organisations possèdent sur les individus. L'idée, c'est que ces organisations partagent leurs données avec leurs clients, leur mettent à disposition pour en faire ce qu'ils veulent.

Si je prends un exemple, une manière de connaître ses consommations (de les stocker, les historiser, les exploiter...) peut consister à scanner ses tickets de caisse - là on est dans le Quantified Self.
Mais on peut aussi se dire que mon Leclerc, ma Fnac, ou Amazon ... me mettent ça à disposition illico dans un "coffre fort personnel", ce qui est une autre manière de faire.
L'idée, c'est : "Si j'ai une donnée sur vous, vous l'avez aussi"

Et bien sûr, les 2 démarches (Quantified Self et partage des data à l'initative des organisations en lien avec les usagers) peuvent se compléter !

Patrice REMEUR
il y a 325 jours

Bonjour,

 

La Commission européenne prévoit effectivement que les détenteurs de données personnelles doivent restituer celles-ci à leur propriétaires http://europa.eu/legislation_summaries/information_society/data_protection/l14012_fr.htm

Les conséquences changeront le monde de demain.

Cordialement

Thierry Nabeth
il y a 325 jours

@Renaud : 

Il faudrait sans doute avoir une définition plus précise du quantified self.


La distinction que j'ai tendance à faire entre le quantified self et les approaches plus traditionnelles à faire se situe dans la finalité et l'intention (et le control), pas tant de la provenance des données qui sont utilisées.  Selon moi  (ma compréhension du sujet est encore incertaine et peut évoluer) ce qui caractérise une application "quantified self" est que sont objectif est directement lié à l'analyse de l'information de l'individu pour supporter directement l'individu et sous son contrôle. Il s'inscrit dans une logique de "l'empowerment" de l'individu.  Les domaines peuvent être variés, tel que la santé, l'éducation (lié au "learning analytic" personnel, autoevaluation, etc. versus le controle par le systeme éducatif), le travail (gestion de son attention versus l'évaluation par l'entreprise), etc.

Cette information "personnelle" peut d'ailleur provenir de sources extérieur (par exemple Fnac, etc.).

 

Note: Comme je l'indiquais précédament, le quantified self est un sujet que je cherche à mieux comprendre. Je suis preneur de perspectives qui me feraient évoluer ma perception du sujet.

Limulus
il y a 325 jours

Permettez-moi trois remarques:

1) J'ai vraiment du mal à voir quel intérêt économique les entreprises auraient à partager avec leurs clients les données qu'elles détiennent sur eux. Dans la vraie vie, les données personnelles me semblent plutôt constituer un actif monnayable...

2) Le véritable "empowerment" du client me semblerait plutôt, à l'inverse, consister en l'exercice d'un contrôle réel sur les données que nous acceptons de communiquer.

3) La "restitution" des données personnelles est probablement une utopie. Les entreprises nous octroieront, au mieux, le droit de les consulter dans les conditions que la loi les contraindra d'accepter, et souvent en rechignant.

D'une manière générale, le sujet des données personnelles me semble miné. Il pose d'innombrables questions juridiques, politiques et sociétales, en général conflictuelles.

Jacques-Francois Marchandise
il y a 324 jours

Bonjour,

@Thierry et @Limulus, je vous encourage à suivre le lien vers le projet MesInfos que mentionnait Renaud et qui est en train d'approfondir les questions que vous évoquez, dans le prolongement de nos travaux de ces dernières années sur les "identités actives" puis sur la "confiance". Nous sommes bien en peine d'avoir des certitudes à ce stade, mais nous essayons d'élaborer...

Pour prolonger notre quête des "idées qui changent la donne", la profusion de données dans lesquelles nous évoluons et évoluerons (personnelles mais aussi environnementales, urbaines, de consommation, politiques etc) se traduit par une montée en puissance des tableaux de bord et monitorings. Les données, les chiffres et les indicateurs qui les agrègent : tout cela nous rassure et nous inquiète à la fois. Certains y voient le développement d'une idéologie. D'autres y verront des opportunités d'innovation, de business, d'action politique. Mais la plupart d'entre nous n'ont pas la culture des données et de leur traitement, ni le temps à y consacrer. D'où l'enjeu de ces tableaux de bord et outils de monitoring, censés nous simplifier la complexité : nous pouvons être certains qu'ils existent et existeront, pas encore certains de leurs usages réels.

Charles Nepote
il y a 324 jours

Le wiki sémantique pour tous : un outil de base de données massivement interconnectées pour le plus grand nombre ?

L'idée est de permettre au plus grand nombre de créer et publier des données sur le web, et d'interconnecter ces données avec d'autres existant déjà. Aujourd'hui si j'ai une guitare à vendre, je passe une petite annonce dans X services différents. Aucun moteur n'est capable de venir chercher ces données chez moi. Un wiki sémantique (ou "wiki de données") pourrait me permettre : 1. de récupérer en amont les informations sur ma guitare (je possède tel modèle qui est déjà décrit par le fabricant ; 2. d'y associer d'autres informations : cette guitare a été achetée à telle date et elle est à vendre, à tel endroit ; 3. de me garantir que la façon dont je décris mes informations est partagée par d'autres communautés. Utilisant des standards de description de ma guitare, des moteurs de recherche spécialisés dans la vente de guitares pourraient "détecter" que je vends ma guitare et permettre à des acheteurs de la trouver.

Les usages ne sont pas limitatifs au petit exemple que j'ai donné. Un tel outil pourrait par exemple permettre de fabriquer des bases de données massivement collaboratives (intérêt social) et distribuées (intérêt technique). Second exemple : si je veux aujourd'hui publier en ligne ma généalogie et échanger avec d'autres généalogistes, je suis obligé de m'inscrire à un (ou plusieurs) services ; je ne peux pas profiter automatiquement de la mise jour des connaissances d'autres généalogistes pour enrichir mes données. Un wiki sémantique pourrait me permettre 1. de publier mes données ; 2. d'y associer les données comme celles d'autres généalogistes qui travaillent sur les mêmes personnes que moi ; 3. de profiter de services agrégeant les données : celui-là me proposant par exemple la liste de toutes les personnes étudiées dans une commune donnée, celui-ci m'indiquant de nouvelles connexions avec d'autres généalogistes, cet autre m'offrant des statistiques sur la répartition des charpentier en Saône-et-Loire, etc.

Un tel outil transformerait profondément les services de médiations, de recherche et de partage des connaissances.

Aujourd'hui certains outils s'essayent à la publication wiki de données, comme SemanticMediaWiki, mais sont très loin d'une utilisation grand public et ne réalisent pas le travail d'interconnexion. Il n'existe pas d'outil ou de services clé en main qui le permettent. La monté en puissance de l'open data et des communautés de crowdsourcing (OpenStreetMap, OpenFoofFact, etc.) est une opportunité pour un tel projet.

Carole Leclerc
il y a 324 jours

@Limulus

En fait, ce sont justement à ces questions liées aux enjeux économiques, à l’empowerment du consommateur, au cadre réglementaire, aux impacts technologiques, … que nous cherchons à répondre via le projet Mes Infos.

Le partage des données personnelles entre organisations et individus ne va en effet pas de soi et nous essayons d’explorer ce en quoi il consisterait avant de mettre en place une expérimentation de ce partage début 2013.

Ce partage est effectivement dépendant de l’accord des entreprises. Nous avons dégagé plusieurs pistes de motivations qui pourraient inciter celles-ci à « jouer le jeu » de ce partage :

·         un rétablissement de la confiance des consommateurs dans l’organisation (et donc une fidélité qui peut être accrue) qui découlerait de ce rééquilibrage de la relation,

·         des données de meilleure qualité car mises à jour et complétées par le client lui-même qui aurait tout intérêt à les communiquer (parce qu’elles iront ensuite directement dans son entrepôt de données personnelles, parce qu’elles lui permettront de faire part aux entreprises de ses attentes, …),

·         un marketing moins divinatoire, plus précisément ciblé et moins couteux, …   

Bien sûr, nous avons également identifié certains freins tel que le fait que, comme vous l’expliquez, les données personnelles constituent une base du business model de nombreuses organisations ou encore qu’elles peuvent être sceptiques par rapport à l’ampleur des modifications à réaliser sur leur chaine de valeur interne.

Néanmoins, les sources de création de valeur qui découleraient de ce partage pourraient avoir la capacité de compenser ces freins. Encore faut-il préciser dans quel nouvel écosystème ce partage aurait lieu. C'est un des éléments sur lesquels nous travaillons.

Concernant l’empowerment du consommateur, nous réfléchissons aux différentes pistes qui pourraient rééquilibrer la relation entreprise / individu. Le concept d’entrepôt de données personnelles dans lequel l’individu aurait la capacité de stocker tout ou partie de ses données personnelles répond en partie à cet objectif. Empowerment des consommateurs et partage ne sont donc pas des notions contradictoires, en tout cas nos recherches tendent à les relier.

Nous travaillons donc actuellement à répondre à ces nombreuses questions. Je vous invite d’ailleurs à suivre l’évolution de nos travaux via le groupe Mes Infos sur le réseau social de la FING. N'hésitez pas à apporter vos commentaires, questions, remarques aux articles de blogs !

Merci en tout cas pour vos remarques !

Thierry Nabeth
il y a 324 jours

@Charles : Le wiki sémantique pour tous.

J'aime aussi beaucoup l'idée du Wiki Sémantic. J'entend par là les possibilités de transformer les usages que celà implique et pas la technologie elle-même (càd rdf.).

Je pense qu'il y a des choses à creuser à chercher du coté de l'aspect communautaire que l'on peut en faire. Mais je pense que l'on peut aller encore plus loin concernant les aspects sociaux et de collaboration. Je pense par exemple à la possibilité de la communauté de pouvoir expérimenter sur l'acces sématic aux profiles, un exemple étant de pouvoir calculer des indice de confiance facilement, ou faire de la recommandation. 

J'aime aussi beaucoup l'idée d'essayer de regarder du coté de l'Open Data, et faire en sorte en particulier que le contenue d'une page Wiki puisse être extrait de manière à pouvoir le processer plus facilement par des applications ou des agents. Pourquoi ne verait-on pas une page wiki à la fois comme un objet que l'on peut visualiser, mais aussi dont on peut très facilement acceder aux données (genre requète de type Rest). Un wiki deviendrait une base de donnée accessible à la fois par des humain et des machines. Cela incluerait par exemple l'access à toutes les metainformations associées à une page (tels le nombre de révision, les auteurs, les "conflict"), ce qui permettrait par exemple de raisonner sur la page non uniquement au niveau du contenu, mais sur la façon dont elle a été construite (quel est le profile des auteurs d'une page, y a-t-il beaucoup de révisions, la page est-elle conflictuelle, etc....).

Juste un petit pointeur sur ce que font les gens du DERI (Digital Enterprise Research Institute) sur le social semantic web http://www.deri.ie/.

Thierry.

PS:

J'espère que le traffic n'est pas trop important dans la mailing liste!

 

Frédéric CHARLES
il y a 323 jours

La montée de protections individuelles pour vivre le monde numérique. La navigation anonyme des navigateurs est une première étape, mais elle sera complétée par des leurres sur notre réelle position,par des identités factices que l'on empruntera comme un Velib pour traverser la capitale.

Ces proctections seront construites autour du partage et des communautés, chacun assurant la tâche de veilleur sur les autres. Un nouveau tribaslisme numérique va se développer et changera radicalement la façon d'utiliser un internet.

Le développement de ce modèle remettra en causse les modèles basés sur la monétisation des données individuelles.

Jean-Marie Gilliot
il y a 323 jours

Open Badges

 

Autour des données personnelles, de la possibilité de modifier les modes de formation, l'initiative Open Badge de Mozilla (comment ça marche) me semble particulièrement intéressante. Mozilla vient de développer une infrastructure ouverte qui permet de gérer des badges certifiant l'acquisition de compétences de personnes.

  • Tout organisme peut ainsi proposer des certifications en ligne, ce qui permet de valoriser des formations.
    • Cela permet d'ouvir le nombre d'organismes potentiels. On pense par exemple à la P2PU, à des cours ouverts comme la codecademy ... noons au passage qu'un buzzword de l'année en formation est le MOOC (Massive Online Open Course) ;
    • on peut également imaginer que la certification se fasse uniquement sur des évaluations ;
    • Cela doit pouvoir permettre de diffuser des diplômes par delà les frontières, et en faciliter leur reconnaissance ;
    • en termes de gamification, il devient possible de proposer de gagner des badges régulièrement et ainsi de rendre visible la progression de chacun ;
  • Des outils peuvent permettre de visualiser les badges acquis par des personnes, ce qui pourrait permettre de proposer des CV validés, des portfolios dynamiques ...
  • toute personne peut choisir d'aller acquérir les badges (et donc de choisir ses expériences) qui lui font sens.
    • cela permet de valoriser des formes alternatives d'expérience ;
    • il devient possible d'aller suivre une expérience n'importe où ;
    • ses diplômes potentiels font partie d'un ensemble d'apprentissages tout au long de la vie ;

Bref le monde de la formation va être amené à s'ouvrir, et les apprentissages informels pourront être reconnus plus facilement.

QN 2013
il y a 323 jours

Synthèse Questions Numériques du 4/07/2012

Suite aux nombreux apports de ces derniers jours, nous avons agrandi la dernière synthèse. Vous y retrouverez les nouvelles idées et projets qui sont ressortis : le développement des lieux hybrides, le développement de l’usage d’espaces en 3 dimensions et immersifs, le partage des données personnelles (avec ses limites), le wiki sémantique et le nouveau rapport aux compétences.

Vous êtes 203 membres à avoir un intérêt certain et à travailler dans des domaines concernés par des thématiques de prospectives. N’hésitez pas à faire part de vos idées, de vos projets, d’éléments qui vous ont interpellés et qui sont nécessairement liés à des sujets de société ou du numérique.

Merci encore aux contributeurs !

La Fing

 

 SYNTHESE : 

Apprendre à gérer l’abondance (Philippe Parmentier)

·      Abondance d’énergies locales

·      Besoin de se défaire de l’illusion de rareté (Chritian Jacomino)

 

Vers toujours plus de progrès ?

   Frontière du réel : Virtuel/ Physique 

·      Frontière entre le physique et le virtuel est floue et poreuse

·      Eclatement des espaces traditionnels (Margaux Pasquet)

·      démocratisation de la détection de mouvements de type Kinect avec le Leap Motion à 70 € (Jean-Michel Cornu) 

·      Réalité augmentée, nouvelles formes d’apprentissage, nouveaux usages ludiques (Karine Turcin)

·      reconnaissance de toute interprétation d'un morceau de musique avec Simbals (Jean-François Laplume)

·      « 6th sense » = caméra portative projetant des images interactives (Margaux Pasquet)

 

Développement des lieux hybrides

·      Emergence de lieux hybrides (physiques/numériques), une diversité d’interaction numériques dans les lieux ordinaires (Jacques-François Marchandise)

o   De nouveaux potentiels d’innovation et de transformation dans la conception de nouveaux lieux, des changements d’environnements cognitifs, de sociabilité, etc. (Jacques-François Marchandise)

o   L’enjeu est d’imaginer du « mieux » et pas que du « plus » (Jacques-François Marchandise)

 

·      Développement de l’usage d’espaces en 3 dimensions et immersifs (Jenny Bihouise)

 

o   Partage de repères géo spatiaux, de l’expression et de la perception des affects qui serait un gage de réel partage de données (Jenny Bihouise)

o   Par ce web 3D, les activités liées au web redeviendraient naturelles et mettraient fin à l’infobésité et à la complexité du web 2D (Jenny Bihouise)

o   Retour à l’authenticité du travail collaboratif et des interactions entre les membres d’un groupe (Jenny Bihouise)

 

La tendance transhumaniste

·      Progressions technologiques 

·      « homme augmenté » 

·      Perfectionnement, maîtrise de la nature

·      interfaces cerveau-machine (Patrice Remeur) 

Technophobie

·      Tensions dépossession du lien social vs émancipation par la technologie

·      Marchandisation du lien social 

 

Défis des innovations vertes 

·      Film photovoltaïque transparent à coût modéré de Wysips (Philippe Parmentier)

·      Recherches sur les cellules photovoltaïques 2 fois plus efficace que la photosynthèse (Jean-Michel Cornu)

·      La décompostion des déchets par des microbes anaérobiques

·      Utilisation des molécules ATP de matière biologique pour « nourrir » les robots (Jean-Michel Cornu)

·      Travaux LENR sur les réactions nucléaires à basses énergies

·      Que se passerait-il si l’on voyait arriver des « micro-centrales » ? (Jean-Michel Cornu) 

 

Gouvernance : Chambardement malgré eux

·      Un réel changement de l’organisation politique en cours 

·      Groupements privés et de collectifs indépendants 

·      De nouveaux acteurs pour un pouvoir davantage distribué 

·      Communautés d’intérêt, des partis pirates, Anonymous, etc.

 

Vivre ensemble alternatif

·      Transformations organisationnelles et sociétales 

·      L’empowerment collectif de la production

·      Le rôle des nouvelles pratiques Fab labs et le DIY (Do It Yourself) 

·      Les logiques rationnelles systématiques remisent en cause 

·      Grande diversité d’organisation de production

·      Emergence de plateformes collectives (Julien Provost)

·      Les pratiques monétaires dans le numérique

·      Une monnaie décentralisée en pair à pair bitcoin (Patrice Lazareff & Jenny Bihouise)

·      Cartographie du trafic par la carte billettique Oyster et classement des voyageurs les plus rapides avec Chromaroma (ChMillot)

 

Gestion des données 

Partages des données personnelles

 

·      Restitution des données personnelles à leurs propriétaires, les consommateurs (Patrice Remeur & Renaud Francou)

o   L’appropriation et le contrôle des données personnelles 

o   Défi de l’empowerment 

o   Les limites de la libération des données

o   Cela favorise la connaissance de soi et ainsi permet de prendre des décisions en adéquation avec ses réels besoins (Renaud Francou)

o   Meilleure position pour les usagers pour échanger plus efficacement avec les entreprises et les administrations (Renaud Francou)

o   Rétablissement de la confiance des consommateurs (Carole Leclerc)

o   Des données de meilleure qualité car complétées par les deux parties (entreprises et clients) (Carole Leclerc)

o   Des offres plus ciblées et moins couteuses (Carole Leclerc)

o   Question de la gestion de l’attention (Thierry Nabeth)

o   Renforcement du quantified self (santé et éducation, etc.) (Thierry Nabeth)

o   Mise à disposition, de la part des entreprises et administrations, d’un « coffre fort personnel », de manière à ce que toutes les informations détenues par les entreprises soient disponibles pour les clients (Renaud Francou)

o   Inscription du quantified self dans une logique d’empowerment pour la santé, l’éducation (learning analytic et autoévaluation, pour le travail, etc. (Thierry Nabeth)

o   Empowerment = contrôle réel sur nos données, contrôle de leur circulation

o   La profusion de données (personnelles mais aussi environnementales, urbaines, de consommation, politiques, etc.) se traduit par une montée en puissance des tableaux de bord et monitorings (Jacques-François Marchandise)

QN 2013
il y a 323 jours

·      On observe une montée de système de protection individuel (Frédéric Charles)

 

o   Cette tendance s’illustre avec la navigation anonyme des internautes (Frédéric Charles)

o   Construction de leurres et d’identités factices de manière à conserver notre liberté sur le web (Frédéric Charles)

o   Ces protections serviront aux communautés de pratique où les membres veilleront les uns sur les autres, apparition de nouvelles formes de « tribalisme numérique » (Frédéric Charles)

o   Remise en cause des modèles basés sur la monétisation des données individuelles (Frédéric Charles) 

·      Limites à la restitution de données personnelles

 

o   Il existe des contraintes technologiques (Renaud Francou)

o   Quel est l’intérêt économique des entreprises à partager les données avec leurs clients ? (Limulus)

o   Les données personnelles semblent constituer un actif monnayable (Limulus)

o   C’est un sujet à l’intersection de nombreux domaines (juridiques, politiques et soicétaux) (Limulus)

o   La restitution des données personnelles, c’est impossible, les consommateurs auront, tout au plus, le droit de consulter quelques une de leurs données dans le cadre de la loi (Limulus)

o   Problème de gestion des données par les usagers car ils n’ont pas la culture des données et de leur traitement, ni le temps à y consacrer (Jacques-François Marchandise)

 

Le wiki sémantique : Il s’agit d’un outil de base de données massivement interconnecté pour le plus grand nombre (Charles Népote)

 

1.   Il Récupère les informations

2.   Il les associe à d’autres informations existantes

3.   Il garantie une interconnexion de qualité et sensée

o   Ce type de wiki permettrait de fabriquer des bases de données massivement collaboratives et distribuées

o   En y combinant la montée en puissance de l’open data et des communautés de crowdsourcing, de nombreux champs d’innovation s’ouvrent à nous (Charles Népote)

o   Ceci induirait l’élargissement des méthodes et des capacités de collaboration (Thierry Nebeth)

o   Permettrait de calculer des indices de confiance facilement (Thierry Nebeth)

o   Interface et système de traitement de l’information similaire pour les humains et les machines (Thierry Nebeth)

o   Accès aux méta-informations de pages web (Thierry Nebeth)

  

·      Nouveaux rapports aux compétences

o   Ouverture et libération des ressources éducatives (Ressources Educatives Libres – UNESCO) (Christian Jacomino)

o   Nouvelles formes d’éducation ouverte internationales

o   Elaboration de systèmes décentralisés d’enseignement en réseau (Christian Jacomino)

o   Possible à travers une conjonction d’efforts entre les spécialistes du numérique en réseau et les enseignants (Christian Jacomino)

o   Nouveaux systèmes de valorisation des compétences comme l’Open Badges (Jean-Marie Gilliot)

 

  • Nouveaux systèmes d'apprentissage informels et reconnus (Jean-Marie Gilliot)
  • Nouvelles formes de certification de compétences et de formations (Jean-Marie Gilliot)

 

 

François Coldefy
il y a 318 jours

Bonjour,

entre  "Vers toujours plus de progrès ?" et  "Développement des lieux hybrides", la question pourrait être l'interaction numérique comme support de l'échange relationnel qu'il soit en présence ou à distance, synchrone ou asynchrone.

j'ai l'impression que ce qui fascine, c'est l'interaction à distance, un peu comme le téléphone à ses débuts : l'échange à distance.

Mais on ne se rend peut-être pas compte que aujourd'hui, c'est aussi le support de la relation en présence que la tablette, le smartphone permet. L'objet de nos discussions est numérique, mais on ne pouvait pas faciliement se le montrer. On partageait plus facilement à distance qu'en présence, chacun devant l'écran. Aujourd'hui, on se montre aussi bien à distance qu'en  présence : la tablette, le smartphone qui passe de main en main...

Question : irait-on vers un design d'interaction numérique et social ? des tableaux, tables et ardoises numériques d'interaction (d'activités) parfois individuelles et parfois collectives, indifféremment en présence et à distance (de groupes à groupes, de  groupe à singleton), en synchrone et en asynchrone?

François VERRON
il y a 317 jours

Bonsoir, que de richesse ici dans ces échanges . Je me lance...

Je rebondis sur les lieux hybrides et le “changement d’échelle plus petite“ de l’aménagement numérique”, évoqués par Jacque François Marchandise plus haut.  Je me réfère souvent à l'idée d’hyperlieu parce qu’elle sous-entend que le lieu est cliquable et qu’elle se rapporte à l’échelle de l’hyperlocal.
Ce qui m’amène à imaginer une enclave de connexion et d’interaction digitale au sein des lieux physiques qui serait mise à disposition par exemple sous la forme d'un «appstore» rattaché, contextualisé à ce lieu et donc comme branché à l’écosystème alentour . Et qui serait disponible ici et maintenant dans le nuage «  local », par exemple celui d’un foursquare (via son projet emblématique des “connected apps” récemment déployé). Le lieu hybride qui se penserait comme interface, comme plateforme de services mais aussi une plateforme de ressenti, de vécus ( folksotopies de Philippe Gargov) des gens, des usagers, des artistes, des badauds, des commerçants, etc... Des plateformes qui prennent en compte le contexte hyperlocal, dépassant l’agrégation de données sociales contextuelles (au sens réseaux sociaux, partage à ses amis ou leurs checkin) mais répondant surtout aux centres d’intérêts de la personne qui vit, traverse, se pause dans ces lieux (de la personne, mais on pourrait aussi étendre aux entités, aux groupes).
On aurait donc 2 nuages qui interagissent:  le nuage ecosytème du lieu et le nuage écosysteme du visiteur ou habitant. S’interfaçant avec le lieu hybride ou hyperlieu, le transhumain qui est en nous (en devenir) n’aurait de raison d’être (aussi) que de mieux s’ancrer à la vie réelle inhérente au lieu  (et /ou la transhumer elle aussi ?) .
Dans ce cadre, le lieu devient un media stratégique pour de nouveaux acteurs et d’opérateurs venant bousculer les certitudes des acteurs traditionnels des espaces physiques (politique, police, commerce, citoyen, tourisme, ...) sur la mémoire du lieu par exemple, sur l’interaction à distance du/au lieu, sa personnalisation, son partage du lieu ou au contraire sa fermeture (une nouvelle forme de ghettoïsation du lieu), les services in situ,...

Amadou Lo
il y a 315 jours

 

Le colloque du 3 juillet dernier organisé par le Collège des Hautes études de l'Environnement et du Développement Durable, avait pour objet de faire ressortir les préoccupations dominantes des participants quant aux enjeux prospectifs.

 

Le thème « Basculer vers 2050 – le temps des ruptures heureuses » a été décrit dès l’introduction comme un sujet  « résolument optimiste » mais qui peine à trouver sa cohérence dans « cette croissance infini dans un monde fini ».

Se situer dans un temps qui nous dépasse largement est pourtant une perspective nécessaire.

Dans un premier temps, les intervenants d’univers très diversifiés nous ont fait part de leur point de vue et des problématiques qui leur semblaient importantes, voici quelques points abordés au cours de cette rencontre.

 

·      Les signaux faibles

Philippe Cahen, prospectiviste, reconnu comme le spécialiste des signaux faibles en France, nous a proposé une démarche originale. En partant du postulat que l’être humain est un être risquophobe, qui se satisfait des choses sures, cet enseignant remarque que la prospective se limite parfois à étirer le présent et les tendances pour en arriver à des prévisions. Mais au final, lorsque l’on regarde les résultats, on remarque un grand décalage entre ce qu’on avait anticipé et ce qui est arrivé.

Ainsi, pour changer d’approche, l’intervenant a proposé de traiter davantage les signaux faibles. Ce sont, d’après lui, des événements paradoxaux qui doivent inspirer réflexion et remettre en cause les acquis des prospectivistes. Il propose d’allier une posture de backcasting à celle de prospective. C’est à dire de revenir sur les causes des tendances pour en empêcher l’étalement dans le futur. Cette démarche proactive nous permettrait de voir que ce qui transforme le monde ce n’est pas les grands projets, mais l’émergence de changements silencieux qui se font progressivement. Ils sont juste qualifiés de ruptures a posteriori.

« Ne faudrait-il pas rejeter l’idée que pour avoir un changement il faut nécessairement passer par des conflits ? » a questionné une participante dans la salle.

 

·      Le langage

 En faisant écho au sujet des révolutions silencieuses, Isabelle de Lannoy, ingénieure agronome, a relevé 3 éléments essentiels nécessitant un rassemblement universel : les sciences, les arts et le langage.

En considérant le troisième élément, le langage, on s’aperçoit que le mot de « rupture » suggère une idée de changement brutal tandis qu’en réalité, on observe que les grands changements se sont fait par transition, progressivement (l’arrivé des ordinateurs dans les foyers, internet, les smartphones, etc.). Les mots sont donc des emblèmes de paradigmes et de vision du monde, parfois biaisés.

A partir de là, il s’agirait peut être de redéfinir certaines notions comme celle de « progrès », de « croissance », de « rupture », etc. pour pouvoir traiter les sujets autrement.

Certaines interventions ont évoqué l'idée de parvenir à un système de bio mimétisme. La nature a de l’avance sur nous, il s’agirait de s’inspirer de s'en inspirer. Inventer de nouveaux outils de navigation pour se mouvoir dans la complexité, adopter des perspectives davantage holistique (où l’on considère le système comme un tout et pas comme une somme de parties). L'un des enjeux serait donc de ne pas essayer de réduire la complexité mais de l’appréhender telle quelle.

 

·      Un monde de systèmes, la complexité

Le vice-président marketing, communication et relations extérieures d’IBM était également parmi les intervenants du colloque.

Selon lui, nous observons plusieurs équations de ressources extrêmement complexes à résoudre. En parallèle, nous cherchons des équations technologiques comme moyens pour parvenir à les solutionner.

Cette approche du fonctionnement de l’Homme vis-à-vis de la nature nous ramène à considérer le monde comme un ensemble de systèmes. Des systèmes d’équilibres dans notre rapport à la nature où le défi serait de trouver un équilibre viable.

 

Une question d’Isabelle de Lannoy paraît alors pertinente : si l’on suit la tendance actuelle et qu’on ne réussit pas notre système d’équilibre dans notre rapport à la nature, ne rentrerons nous pas dans un autre système, avec d’autres accès à l’eau et la nourriture, avec un autre climat moyen, etc. ? Pour y survivre, développerons-nous des outils de protection que l’on portera, appliquera sur nous-mêmes, en faisant appel à la transhumanie ?

 

 

·      Transhumanisme

Geneviève Ferone, Prospectiviste, Directrice du Développement de Veolia Environnement nous a proposé de partir d’une analyse critique de l’humanité d’aujourd’hui : l’humanité est en crise de mode de vie, de civilisation, effondrement de mode de vie.

Deux constats en ressortent :

 

- On se dirige vers l’homme augmenté, avec plus de moyens technologiques, plus de capacités qu’auparavant mais avec une tendance individualiste et de distance avec l’autre.

 

- On peut parler d’humanité en voie d’artificialisation, ces artifices bouleversent notre niche écologique et transforme notre rapport à l’environnement.

 

Une série de questionnements en découle :

Que s’est il passé ? On a détruit notre environnement, crise écologique, économique et sociale aussi. Rapport à la vieillesse est un tabou, la mort est un tabou.

Peut on parler de coupure avec ce qui fait notre humanité au plan individuel et de notre environnement ?

Comment cette nouvelle humanité peut se construire, un meilleur rapport au monde, aux autres et à soi ?

Comment se réapproprier notre rapport à la nature en mettant l’accent sur la solidarité et sur des valeurs comme l’empathie, en dehors des valorisations monétaires ?

 

 

Lors de cet événement, le thème de l’éducation  est apparu en filigrane sous chaque sujet abordé, en tant que défi impératif pour changer les habitudes sociétales et le rapport de l’homme à son environnement, à la nature. Il s’agirait alors de repenser le modèle éducatif, de l’axer davantage dans une logique de transversalité tout en remettant en question notre rapport au temps.

 

Des idées ont été évoquées pour aller dans le sens des analyses ci-dessus, notamment en reconsidérant le trio mobilité, territoire et énergies :     

  • Des mobilités choisies et non plus subies
  • Revenir à des notions de proximité et de circuits-courts 
  • Face à un mur énergétique, revoir notre logique de croissance, avoir des collaboration énergies-habitat, énergies-territoires
  • Le droit à l’immobilité, nous ne devons plus penser courir et à se déplacer pour être meilleur. Développer le télé-travail et des systèmes d’aides organisationnels, technologiques, des bureaux communs délocalisés. Développer le co-working dans des tiers-lieux

 

 

 

Quel est votre avis sur ces différentes idées ? En aviez vous déjà entendu parler ? Sous quelle forme ?

 

 

François Coldefy
il y a 315 jours

Sur la question des lieux hybrides :

 

j'ai le sentiment qu'on ouvre aujourd'hui le numérique ... à l'économie potagère, à l'auto-consommation qui peut être vue à coté du marché.

Je prends l'exemple de l'auto-publication. On observe probablement une appropriation par tout un chacun du livre, que celui-ci soit de  papier ou numérique. Jusqu'à récemment, publier un livre était un postionnement d'auteur vers un public.  L'investissement en temps et en argent de la publication était importante. Avec les sites d'auto-publication et surtout avec les les sites de "Livres photos", le livre s'est désacralisé, banalisé. Le livre des photos de vacances, le livre de compilations des recttes de cuisines familiales ne sont plus grand chose à réaliser techniquement.

Je commande le livre (Impression à la demande) en un clic, l'envoie ou le donne à un proche comme on donne à son voisin ou à l'ami  venu nous voir les légumes de saison cueillis dans le potager le matin. Certes l'impression physique, la lecture numérique font appel à un centre distant, un serveur lointain , mais qui dans la chaîne ne sont  guère moins locaux que le motoculteur japonais, la bêche dont le manche en bois est de provenance inconnue...

On a beaucoup parlé de la longue traîne... mais celle-ci se concrétise aussi par l'auto-consommation.

Autre remarque : nos lieux  sont  déjà hybridues. Depuis par exemple la révolution du papier industriel qui a répandu le roman au XIXème et a permis à chacun de s'abstraire du monde qui l'entoure (on peut remonter plus loin encore avec la diffusion du livre et la caricature du lecteur sous la forme de Don quichotte). C'est le téléphone /smartphone qui soustrait la personne à son environnement.

Ce qui nous perturbe, c'est l'intégration d'objets non identifiés dans notre environnement. Mais globalement, nous sommes  dans un monde hybride car il est ... fondamentalement technique.

 

Thomas Thibault
il y a 303 jours

Bonjour,

Il me semble, pour ma part, que l'on devrait parler un peu plus de la figure du hacker qui commence à transformer le système créatif/d'innovation mais aussi notre façon de penser ce qui nous entoure. Je parle de hacking non pas forcément comme pratique liée à l'informatique mais comme philosophie : couper, tailler pour détourner vers un meilleur usage et en comprendre les rouages. Il me semble que c'est un point important pour "passer d'un consumérisme toxique à une économie de la contribution". Pour que le consommateur ne soit plus passif, mais actif, qu'il ne se contente pas que de consommer mais aussi de reprogrammer ce qui l'entoure. Mais il semble que cela doit aussi être entendu par les top-down qui doivent imaginer les objets ouvert, hackables de demain sans quoi la transition vers le 21ème siècle se fera avec difficultés. D'où la question de la place de l'innovation  (voir les fablabs : innovation ascendante), de l'ingénieur et du designer. Avec la diffusion des TIC, du numérique, il semble se crééer une tension entre :

- Créer des objets dit "boites noires" que peu comprennent et donc peu modifieront avec les limites que l'on peut imaginer.

ou

- Créer des objets ouvert, qui décomplexeront l'homme face à la machine et re-socialiseront les objets en levant leur abstraction et ainsi permettront à l'homme la critique et donc la vrai innovation. vers une "consom'hacktion" ?

Thomas Thibault
il y a 303 jours

Autre remarque sur l'internet en général et le minitel (paix à son âme au passage).

Brièvement il me semble que beaucoup de ce qui fait la tendance de l'internet n'est qu'en fait le minitel 2.0. Je m'explique. Pour être plus précis, l’essence de l’internet c’est que l’intelligence se trouve dans le terminal et que ceux-ci communiquent entre eux. En revanche, le principe du minitel c’est que l’intelligence est au centre du réseau et les terminaux sont passifs: je fais une recherche et je consulte les horaires de trains par exemple. Ne pensez vous pas que beaucoup de ce qui construit internet n'est seulement qu'une extension du minitel (l'interface pleine de couleurs en plus). Pour plus de détails je vous invite à regarder cette conférence de Benjamin Bayard :

http://www.youtube.com/watch?v=7Wvl4LTivCg

Cela pose aussi la question de la centralisation de la donnée. Et donc, plein d'espoir voici une réponse à la centralisation (peut être pas la plus appropriée au sujet mais intéressant quand même) le projet de la PirateBox permet de créer un réseau wifi parallèle anonyme et portable

http://www.numerama.com/magazine/21954-une-piratebox-miniature-a-moins-de-40-euros.html

 

 

Laurent DAVID
il y a 302 jours

Vu la richesse des contributions, voici quelques remarques en vrac, avec quelques redites inévitables:

 

Concernant le Web Sémantique, que je comprends comme un Web manipulant des informations relationnelles. Il y a là un potentiel d'innovation majeure.

Effectivement le web contient un nombre de redites et de copies phénoménales et inutiles, occasionnant confusion (perte de traçabilité) et gaspillage (stockage). Un modèle de données relationnelles permettrait effectivement de rendre un contenu paramétrique, car relié aux sources originales et uniques qu'il exploite, avec à la clef ; traçabilité, indexation optimisée, limitation des espaces de stockages, etc.  Dans l'idéal, la simple fonction "copier-coller" pourrait être un des outils de la propagation de la « sémantisation », en ne dupliquant pas le contenu mais plutôt l'adresse et les références de la source...    Presque un fantasme...

 

Concernant les lieux hybrides Réel/Virtuel  ou Matériel/Informationnel : Je trouve cette approche passionnante, car elle incarne le renversement de tendance actuel, où le virtuel se réoriente vers le réel pour l'enrichir. Le numérique se réincarne, se reprojette dans et via le réel (réalité augmentée, etc.). Les implications de ces possibilités sur les évolutions de nos cadres de vie sont encore méconnues.

Les premières démarches ont consisté à imaginer des espaces dédiés et spécialisés (salle de réunion spécifiquement équipée, abri-bus connecté). Cependant, ces évolutions sont à priori susceptibles d’imprégner l’architecture et l’urbanisme de manière plus profondes.

Si il y a des travaux sur ce thème qui ont retenu votre attention, nous sommes preneurs.

Par ailleurs, si il y a adaptation de l’espace de vie aux usagers connectés et dotés d’outils de réalité augmentée, ces évolutions seront elles compatibles avec des usagers non connectés.

Comme caricature, nous pouvons nous interroger sur la disparition des cabines téléphoniques au prétexte que la plupart des utilisateurs ont à présent un mobile. Pourtant, tout le monde n’a pas de mobiles et ces derniers peuvent tomber en panne ou se faire voler. De la même manière, la réalité augmentée, une fois généralisée, pourrait inciter à faire disparaître les panneaux de signalisation matériels par exemple…  Si le progrès est utile, il nous semble nécessaire de s’assurer du maintien des conditions permettant également de s’en passer, histoire de permettre à  « l’homme naturel » ou qui n’a pas les moyens de bénéficier de ces innovations, de ne pas se retrouver infirme.

 

A propos des données personnelles, je tiens à appuyer une des précédentes contributions pointant la difficulté à maîtriser et exploiter ces données. De très nombreux utilisateurs n’ont absolument pas la capacité de saisir les implications de la communication ou pas de ces données. Ils ne peuvent clairement pas savoir quel service nécessite la divulgation de quelles données.

Ils vont effectivement devoir être aidés.

Du coté utilisateurs, des outils d’aide à la gestion des données utilisateurs sont envisageables et pourront aider à l’adoption de pratiques rationnelles et prudentes.

Coté prestataires de services, tout prestataire devrait être capable de décrire clairement son mode de gestion des données personnelles qui lui sont « prêtées ».  La requête de chaque élément de donnée personnelle pourrait nécessiter explication, justification et garantie.

Tout en adoptant  une approche sécurisée et prudente, l’exploitation de ces données permet effectivement des innovations et optimisations particulièrement efficaces. L’optimisation des contenus en fonction du contexte nous semble être centrale et susceptible de se placer au cœur des assistants personnels :

« La bonne information en fonction de qui je suis, où je suis et ce que je fais ».

Mieux encore, comme l’a signalé un autre contributeur : « La bonne information en fonction également de avec qui je suis »

Les applications, qui focalisent actuellement l’attention, pourraient devenir périphérique des données et préférences personnelles. A t-on connaissance d’évolutions claires et annoncées concernant la gestion des données personnelles part les OS ?

 

A propos du transhumanisme, qui a minima est parfois confondu avec le body-hacking, est un thème profond, choquant, fascinant, éthique.

Il incarne au propre et au figuré des questions centrales sur le genre humain et son aptitude à vivre en groupe.

Sans donner dans l’oracle, les évolutions transhumaines semblent inévitables. Les prothèses résolveront tous les défauts et limites des technos actuelles devant passer par le filtre sensoriel naturel pour pouvoir parvenir à notre cerveau. Sans considération éthique, il est beaucoup plus efficace de shunter ces canaux sensoriels naturels pour y substituer un signal numérique enrichi ou virtuel.

Pratiquement, il est physiquement impossible de concevoir des médias de réalité augmentée parfaits, à moins de projeter ou d’insérer directement le signal dans la rétine, ou même d’injecter directement un signal codé de manière compatible dans le nerf optique ou le corps genouillé du cerveau. Idem pour chaque autre sens jusqu'à obtenir une immersion totale...

Si les évolutions sensorielles semblent assez faciles à imaginer (bien que complexes à réaliser), des évolutions plus centrales (non sensorielles) sont beaucoup plus insaisissables.

La possibilité d’avoir directement accès à une mémoire numérique additionnelle par exemple n’est pas triviale. Cela se fera t-il forcément via une représentation de type sensorielle (une voix qui vous lit l’information ou un écran virtuel qui vous l’affiche) ou via l’insertion cérébrale d’un vrai souvenir ou d’une impression de souvenir ? Des tas d’autres considérations de plus en plus complexes et inévitablement inhumaines ou transhumaines peuvent être débattues sans fins.

Quelles qu’elles soient, leurs implications sur la vie sociale, et particulièrement l’accès au travail, sont déterminantes.

Pour être compétitifs, seront nous tous obligés d’adopter ces augmentations ou reconfigurations ?

Un employeur pourra t-il les exiger ?

L'’émergence de ces innovations nous intéressent, mais il nous semble plus que jamais nécessaire de s’assurer que les conditions seront réunies pour que quiconque puisse s’en passer.