Catégories :
Street democracy
Démocratie en réseaux
Outils
Veille
Appel à projets
Participation citoyenne


Afficher veille innovations démocraTIC sur une carte plus grande

Les scénarios d'innovations democraTIC

publié le 07/05/2013 par Fabienne Guibé, 0 Commentaires
,

 

Vendredi 12 avril a eu lieu la manifestation de clôture d’innovations democraTIC l’occasion de revenir sur le programme avec les projets phares, les expérimentations et les premiers retours d’expérience, les étapes clés…

Les deux scénarios

  • Animer et rendre visible la démocratie continue pour un agent de collectivité territoriale

Nathalie, agent de collectivité territoriale, doit traduire une commande politique en actions opérationnelles à destination des jeunes. Elle déploie le projet "le conseil général hacke les jeunes" afin de les contacter directement en utilisant leurs outils numériques. L’objectif est de mobiliser plus largement et au delà des instances citoyennes connues. Ce processus repose sur sa transparence et le suivi continu des actions rendu possible par le numérique.

 

  • Hybridation de la participation citoyenne

    Gabriel, bénévole dans deux associations, est très investi dans les processus de participation citoyenne. Son emploi du temps ne lui permet pas de suivre tous les sujets qu’il souhaiterait. L’arrivée de l’agence idemocratie lui permet par un montage entre réunions physiques et en ligne de suivre plusieurs sujets tout en continuant ses activités bénévoles. Il va également pourvoir valoriser sa participation à partir d’un écosystème participatif virtuel.

COUV

La datavisualisation du programme

La diversité de nos partenaires a été l’occasion de travailler sur de l’usage du numérique dans les instances de démocratie locale et également au sein des collectivités territoriales à partir des méthodologies du design de services. Cette nouvelle discipline a été le point central de notre programme. Nous avons été entourés de deux designers de services, Armel Le Coz et Christophe Tallec renforcés par un designer Thomas Thibault.

Nous avons ainsi placé l’utilisateur qui était, tour à tour, citoyen, agent des collectivités territoriales et élus au centre de nouveaux modes de participation numérique.

C’est ainsi que nous avons validé l’idée de la street democracy, à partir d’ateliers créatifs. Il est apparu essentiel que les élus et agents des collectivités devaient aller au plus près des citoyens et sortir des lieux institutionnels. Les ateliers ont proposé des modalités d’action à partir de projets numériques existants comme

 

Les expérimentations du programme

Au cours de ce programme nous avons expérimenté différents modes de participation citoyenne facilités par le numérique avec le cyber débat avec la Mairie de Paris, découverte de nouveaux projets avec le Conseil général du Val de Marne, l’appropriation des outils numériques par une instance de jeunes, le forum des jeunes du conseil général de la Seine-Saint-Denis et le questionnement de nouveaux modes de gouvernance avec le conseil général de l’Essonne.

Découvrez les projets de nos partenaires :

Clôture du programme par un collectif de chercheurs

Laurence Monnoyer Smith, Romain Badouard et Clément Mabi ont mis en perspective les actions menées lors de ces trois années sous l’angle recherche et participation citoyenne.

Ecouter leur intervention

Laurence, Romain et Clément ont mis en lumière trois nouvelles thématiques émergentes dans le champ de la participation citoyenne :

  • 1-L’empowerment (Clément) Un des sujets émergent avec le développement des outils numériques à destination d’individus et de collectifs c’est les possibilités d’encapacitation politique réelle qui les accompagne : peut-on espérer de ces outils qu’ils contribuent à redessiner les relations de pouvoirs ?
  • 2-L’instrumentation de la médiation (Laurence) Le développement des réseaux sociaux et du micro-blogging et une certaine fascination pour les technos du web ont conduit la recherche à traquer ce qui, dans ces nouvelles médiations permet de construire du sens collectif. La recherche sur les digital humanities développe des outils d’analyse des grandes quantités de données quitte à y perdre d’ailleurs ses questionnements problématiques. Certains chercheurs analysent l’atomisation du social lié à l’affaiblissement des mass media qui fait en effet craindre un amenuisement de l’espace public au profit d’espaces d’échanges customisés où la rencontre avec l’autre ne peut jamais être totalement fortuite et se polarise. Les risques d’instrumentalisation des outils au profit de logiques de communication sont mises en regard avec les discours sur la création d’agora pour souligner la permanence de stratégies de contournement du citoyen. Par ailleurs, les chercheurs expérimentent de nouvelles médiations sociotechniques qui consistent à faire voir les réseaux d’acteurs à travers des cartographies de données, ce qui a pour effet de produire une certaine réflexivité des acteurs sur le milieu dans lequel ils évoluent.
  • 3-La fabrique des services publics Idée avec l’open data de la consécration des développeurs comme médiateurs dans l’espace public. On leur délègue la production de nouveaux services publics, et ils décident seuls de la manière dont sont réutilisées ces données à travers leurs applications : quels risques ? Est-ce que l’open data induit une forme de « libéralisation » des services publics ?

Synthèse de la clôture d'innovations democraTIC

publié le 15/04/2013 par Fabienne Guibé, 0 Commentaires

 

Vendredi 12 avril a eu lieu la manifestion de clôture d'innovations democraTIC l'occasion de revenir sur le programme avec les projets phares, les expérimentations et les premiers retours d'expérience, les étapes clés...

Ce premier billet pour partager avec vous ce moment fort et riche d'apprentissage. Je vais publier sous peu un livrable pour faciliter la réappropriation des pistes dégagées et des bonnes pratiques.

Les photos:

 

 

La datavisualisation du programme: 

 

A venir les présentations et les podcasts de la journée.

test 


Manifestation de clôture du programme innovations democraTIC le 12 avril 2013 de 14 heures à 18 heures

publié le 12/03/2013 par Fabienne Guibé, 0 Commentaires

 

Cette année marque la fin du programme Innovations democraTIC. Ce sera l'occasion de partager le résultat de nos trois années d'expérimentation présenté par nos partenaires en binôme avec le designer de services ayant accompagné le projet.

Au cours de cette manifestation, nous vous proposons de découvrir:

  1. nos pistes dégagées à partir de deux scénarios, le premier sur l'hybridation de la participation citoyenne et le second sur les perspectives induites par la démocratie continue;
  2. les projets qui ont accompagné le programme
  3. les expérimentations menées avec nos quatre territoires partenaires

Le programme est à venir.

S'inscrire

Pratique

- au salon Pierre-Charles Krieg de 14 heures à 18 heures
- au rez-de-jardin pour le cocktail de 18 heures à 20 heures
L'inscription est obligatoire.

Les partenaires du programme


Les promesses du numérique: Une démocratie retrouvée, augmentée,étendue

publié le 05/03/2013 par Fabienne Guibé, 1 Commentaires
, ,

 

UNE DEMOCRATIE RETROUVEE, AUGMENTEE, ETENDUE


"Pour les citoyens, l’Internet représente un moyen unique d’information et d’éducation et peut par là-même contribuer utilement à la promotion de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme." G8, Deauville, 2011


"En s’appuyant sur les nouveaux outils d’information et de communication, (...) cette ‘citoyenneté active’ transforme en profondeur le rôle des élus, devenus des médiateurs entre les citoyens au lieu de confisquer le pouvoir de représentation, ainsi que celui de l’administration, qui redécouvre la vraie dimension publique.” Michel Hervé, De la pyramide aux réseaux, 2007

"Révolution numérique, mais appareils politiques restés à quai. Nouveaux usages, mais contrôles d’un autre âge. Cultures libres, mais marchands aux aguets. Les nouvelles technologies changent le monde, et elles le font maintenant. Une possibilité s’offre désormais
à nous tous : reprendre le contrôle de notre
vie publique, ou laisser le Vieux Monde diriger toujours et contrôler encore. Moussaillons
ou vieux loups de mer, déçus de la politique
ou utopistes, montez à bord." David Dufresne et Pierre Mounier, Parti Pirate, 2012

A l'heure du bilan


Internet et démocratie : un bilan mitigé


Le numérique a souvent servi l’idéal démocratique
de la liberté d’expression; tout en servant ceux qui veulent la censurer. Il a contribué à faire progresser la transparence ; mais il n’a pas vraiment fait bouger les rapports de pouvoir. L’internet a permis aux gens de contribuer, élargi le cercle des contributeurs, amplifié les mobilisations, mis en réseau de nombreux acteurs. Mais il a aussi montré ses limites. Il n’a pas réinventé la façon de faire de la politique. Pire, il a souvent donné la parole à ceux qui l’avaient déjà, favorisant ceux qui s’expriment le mieux ou le plus, outillant la commu- nication plutôt que le débat. Les outils eux-mêmes sont bien souvent limités, facilitant l’agrégation et la simplification binaire plutôt que la délibération, la synthèse et la complexité.


Bref, l’internet a trop promis, la révolution démocratique et participative espérée par les pionniers n’a pas eu lieu. Les dispositifs participatifs (qu’ils soient numériques ou pas) sont restés isolés : les expérimentations réussies demeurent du domaine des bonnes pratiques locales, sans passer à l’échelle.


S’il n’y a pas eu de transformations radicales, les expériences démocratiques de ces dernières années nous ont appris des choses. Les initiatives participatives des institutions sont plutôt des échecs : le politique demeure mal armé pour prendre en compte les avis et propositions extérieures. Face à l’innovation et à l’imprévu, le politique est souvent déstabilisé : l’internet lui sert plus sûrement à communiquer qu’à écouter. À contrario, la démocratie ascendante, auto-organisée, même imparfaite, est souvent stimulante. Le divorce annoncé entre les échanges en ligne et les formes présentielles n’a pas lieu : l’heure est à la convergence et à l’hybridation. De même, les formes numériques ne favorisent pas la démocratie instantanée, presse- bouton : les débats collectifs peuvent être de formi- dables moments de vie démocratique, d’intelligence, de richesse contributive.

Ce qui a marché...

- Amplification des mobilisations à l’aide des réseaux : les Anonymous, les printemps arabes...
- La multiplication des expérimentations : FixMyStreet, réécriture de la Constitution islandaise, budgets participatifs...
- L’usage démocratique des Open Data : WhereDoesMyMoneyGo...

Ce qui n'a pas marché...
- Les rapports de pouvoir demeurent à peu près en l’état.
- Les expériences demeurent isolées, non reproductibles.
- Des inégalités renforcées : le numérique
n’a pas réussi à inclure les publics à la marge.
- Une certaine instrumentalisation des innovations participatives afin de ne pas perdre le contrôle.

Ce qui nous a surpris...
- L’intelligence collective émanant de certains débats, la capacité à développer de nouvelles thèses, à se former réciproquement.
- Multiplication d’applications pour favoriser la participation : colorvote, co-ment.
- La perversion du numérique comme moyen de communication plus que de mobilisation : retransmission en direct des conseils municipaux sans laisser place à l’interaction.
- La production par les citoyens de données d’intérêt général, souvent contre les institutions : Regards citoyens, Wikileaks, OpenStreeMaps.

Ce que nous avons appris...
- L’internet est devenu un moyen efficace
de contester les pouvoirs. Mais il suppose
des compétences dont tout le monde
ne dispose pas. Et il est plus efficace pour contester que pour construire.
- Les innovations descendantes ne marchent pas et les innovations ascendantes n’ont pas beaucoup d’action sur le pouvoir.
- Quand les pratiques et les process ne sont pas documentés ni évalués, ils ne s’étendent pas.

 

   
   

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de proposer une nouvelle promesse, mais de trouver les moyens de réaliser cette pro- messe demain mieux qu’hier et à plus grande échelle.


L’heure est au “gouvernement ouvert”, tant mieux. Cette ouverture sera-t-elle seulement une affaire de transpa- rence, de communication, ou distribuera-t-elle de la parole, des capacités ? Sera-t-il possible de réinventer le service public, de participer aux orientations politiques locales, nationales, européennes ?


Le numérique se généralise et semble se banaliser. Mais les hommes et les femmes oseront-ils s’en emparer pour s’exprimer, exercer la contre-démocratie, participer ? Auront-ils la culture numérique leur permettant de le faire

 

Réaliser la promesse quelques pistes…

Vers une participation légitimée?

  • Créer un poste de City Manager, véritable animateur du territoire électronique, favorisant l’implication et les échanges des communautés locales, leur reconnaissance, la modération des débats, l’ouverture et la confiance.
  • Instaurer le 1% participatif : que tout projet local consacre 1% de son budget à la conduite d’un débat public. Il s’agit de consolider les expérimentations en les dotant de budgets et donc de pouvoirs. Par exemple, pour développer la coconstruction des services publics, donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, favoriser l’en- gagement des citoyens dans les projets.
  • Organiser la capacitation citoyenne sans attendre l’impossible mise à jour du “logiciel politique”
  • Les citoyens sont isolés, ils ne parviennent pas à participer selon les formes institutionnalisées, à se faire entendre, et sont en situation de faiblesse face aux pouvoirs en place. À eux de se mettre au même niveau que l’institution en s’orga- nisant en collectifs nombreux et réactifs afin que leur contestation parvienne, entre autres, à s’exprimer dans des formes institutionnalisées : propositions de lois, lobbying, ...

Investir et innover

  • Créer un fonds public de la participation, activable pour financer des collectifs, des associations de défense d’intérêts communs et leur permettre de s’organiser face aux lobbies constitués, de formaliser leurs contre- propositions.
  • Soutenir les projets innovants qui favorisent la participation des citoyens et l’ingénierie de cette participation ; particulièrement quand ils permettent un accès progressif à la complexité, une délibération sur le temps long, une hybridation avec les formes présentielles, une contre-expertise citoyenne.

Cette promesse a été produite dans le cadre du processus de Questions Numériques. C'est un travail collectif mené sur une année et qui donne lieu à une production annuelle.


En savoir plus sur les promesses du numérique, et découvrir notre troisième cahier d'enjeux.


Publication d'une étude: Ouverture des données publiques et participation : quels enjeux démocratiques?

publié le 09/12/2012 par Fabienne Guibé, 0 Commentaires
, , ,

 

Le projet de rédaction de l'étude « Ouverture des données publiques et participation : quels enjeux démocratiques? a été mené par Décider ensemble de mars à novembre 2012. 

Cette étude a été supervisée par un comité de pilotage pluraliste regroupant, a l'image de Décider ensemble, des représentants d'institutions publiques nationales, de collectivités territoriales, d'entreprises et d'associations. Ce comité de pilotage était présidé par Laurence Monnoyer-Smith, professeure en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Technologie de Compiègne (UTC)

 

Les équipes d'Open-Data et d'Innovations democraTIC, ont participé à sa rédaction avec plus particulièrement l'organisation d'un atelier prospectif sur l'utilisation de l'open data dans les concertations publiques. Nous avons déjà publié les scénarios, les trois pistes de travail étaient :

  • la nécessité d'étendre la durée de la phase de recueil et de partage d'informations,
  • le besoin de mettre en place des médiations humaines et outils,
  • la nécessité d'ouvrir les processus de concertation jusqu'à la co-décision .

 

Nous vous proposons de découvrir cette étude qui dresse un état des lieux de l'ouverture des données publiques et en présente les enjeux en matière de participation des citoyens et des parties prenantes.